De l’obstination.

L’obstination est un nom féminin. Pourtant, mardi dernier elle fut dignement représentée par deux hommes et moi-même. En ce mardi soir, Ludovic, Julien et moi-même, devions pour suivre notre plan d’entrainement marathon, courir comme des lapins sur 200 mètres, nous reposer 45 secondes, c’est à dire plus précisément, ne pas nous reposer, pour repartir immédiatement. Il fallait répéter ce manège absurde aux yeux des hommes, huit fois de suite, s’accorder une sieste honteuse de 3 minutes, qui rappelle combien le temps est une donnée relative au regard du contexte, et puis repartir pour une nouvelle série de 8. Avant et après, le plan préconisait de courir entre 30 et 15 minutes. Ce que le plan ne savait pas et que nous allions bien vite découvrir en appelant le stade à 17H, c’est que celui-ci était fermé. Pas de stade, pas de piste. Pas de piste, pas de fractionnés? Avec une couche de 35 centimètres de neige, la personne qui me répondît au téléphone m’informa de cette funeste nouvelle-en outre, quand je m’enquis de savoir si elle escomptait mieux pour demain, elle me fit remarquer qu’elle était agent de maintenance, non pas météorologue. J’en fus donc pour mes frais et commençais à avertir les deux copains de la problématique qui s’offrait à nous.

Mais à 17H, encore plein d’entrain et de détermination, au chaud chacun dans nos canapés ou fauteuils, après échanges de 30 textos à la minute, nous décidons tout de même de maintenir cette séance. J’ai repéré une ligne un peu droite, avant d’arriver au bois, une allée sans voiture, calée entre le périphérique en surplomb et donc éclairée, avec le bois sur son autre bord. Il y a même des barrières, aussi, avec un peu de chance, nous aurons au moins un repère. Le plan nous semble d’enfer, nous sommes définitivement trop rusés ! Nous nous donnons rendez-vous pour 19H chez moi. De mon côté, je cravache mes articles, Julien se presse de revenir de son travail dans Paris, loin de notre point de ralliement, il arrive à l’heure à la maison pour se changer rapidement, et nous attendons notre 3e acolyte, Ludovic, toujours à l’heure. Sauf que cette fois, à 18H45, Ludovic est toujours dans sa voiture et sent que la galère ne fait que commencer pour lui. Il nous avertit qu’il risque d’avoir du retard. Nous le rassurons en lui disant que nous pouvons attendre. Bonne attitude de notre part car nous allons en effet devoir attendre.Attendre longtemps. Ludovic n’est qu’à 8 kilomètres de nous, si proche que nous pourrions presque le rejoindre en courant sur la départementale, mais la voiture est coincée dans le trafic. Il est plus de 20H et notre ami peste contre tous les diables, il désespère et se demande s’il ne va pas poireauter là des heures durant pendant que Julien et moi devisons patiemment . Finalement, dépité, Ludovic nous invite à y aller sans lui. Au dehors, la neige tombe presque en tempête et la ville semble aussi déserte que dans des films d’horreur lorsqu’elles tombent aux mains des zombies. Aussi, par grand altruisme et vaguement un peu pour repousser ce moment qui risque d’être grandiose, nous lui disons que nous l’attendons quoi qu’il en coûte. A ce stade, nous pensons que même si nous devons faire cette séance en pleine nuit, elle sera faite. Finalement, Ludovic arrive chez lui et le rendez-vous est donné pour 21H à peine, devant notre point de chute, le Mac Donald, détail sans aucune importance pour le récit, mais qui fait toujours sourire les coureurs qui tiennent un régime scrupuleux. Un Mac Donald comme point de rendez-vous pour des marathoniens? Venez-comme vous êtes dit leur slogan, alors…

A la lueur des lampadaires, dans les rues totalement désertes de toute âme et même de véhicule, nous partons en direction du bois. Nous sommes contents de nous retrouver enfin, nous commencions à douter, or l’abandon ne s’avère aucunement une option. Un jeune couple se précipite dans le café que nous dépassons et la jeune femme de s’exclamer : »eux, ils ont du courage!« . C’est vrai madame, nous en avons. Mais parfois, la frontière entre courage, bêtise et folie peut s’avérer ténue…Pour l’heure, il règne une ambiance étrange. Nous sommes boulevard Murat, un immense boulevard, et nous courrons comme des lapins mécaniques au milieu de la route. La ville semble nous appartenir, nos pieds s’enfoncent littéralement dans des centimètres de neige, nous forcent à bondir plus que d’habitude, donnant à notre foulée une impression de ressort, et Julien et moi, qui ne portons pas de lunettes, devons courir souvent les yeux mi-clos , ou ouvrir un oeil, puis l’autre. Nous rions nous-mêmes de nous voir ainsi déambuler, tels des fantômes irréels . Nous entrons dans la forêt, évidemment sans lampe frontale, sur un chemin de racines, où nous nous faisons tout légers pour tenter de ne rien effleurer de malencontreux pour nos chevilles. Le vent dans le nez, nous nous transformons vite en bonhommes de neige animés…Les sourires se figent sous le froid, mais demeurent.

Arrivés au point que je visais, nous constatons que certes, nous avons bien une ligne, mais que la dite ligne est aussi recouverte d’une épaisse couche de neige. Que faire? Nous sommes là, il est 21H15, il fait nuit, nous mourons littéralement de froid, alors nous rions et regrettons amèrement de ne pas avoir pris de quoi filmer ce spectacle totalement improbable. Nous décidons de calculer combien font 200 mètres avec mon podomètre farceur et le GPS susceptible de Julien. Partant d’une barrière, nous commençons notre entreprise. Le repérage est sommaire, mais tient la route, sans mauvais jeu de mot. D’un côté nous avons une barrière et de l’autre côté, nous traçons une ligne dans la neige, comme une marelle dans une cour d’école. Les trentenaires sont retournés en CM2, et ce soir, tu vas voir ta gueule à la récré.

Nous lançons les chrono pour la dite « récréation » et tels des possédés, nous nous élançons dans la nuit, le vent bien de face dans la trombine, la neige dans les yeux, sur notre ligne de fortune qui glisse, s’enfonce et dérape vaguement. Les deux garçons dépassent allègrement en vitesse les 47 secondes pour boucler ces 200 mètres. Quant à moi, et contre toute attente, je les tiens. Les quatre premiers passages furent à peu près honorables, mais à partir de là, la grosse galère a vraiment commencé. Les mains gelées envoient des douleurs lancinantes sous les gants mouillés, les pieds sont trempés, les orteils gèlent, le visage ne peut plus s’animer, certains 200, je dois courir les yeux fermés tellement le vent projette de la neige dans ceux-ci. Julien use d’une fourberie sans scrupule et toute personnelle pour se caler dans le sillon de Ludovic qui se prend donc le vent tout en protégeant malgré lui notre pote. Et alors que nous pouvions encore échanger lors des premiers passages, dès la 5ème arrivée, il n’y a plus un mot murmuré entre les souffles saccadés , juste le décompte lancinant de Ludovic qui nous assène toutes les secondes que nous perdons à nos 45 de repos et répit. Lorsque la première série s’achève, je peux tout juste leur faire partager ma furieuse et inexorable envie de vomir. Nous avons 3 minutes pour nous « reposer », nous entamons donc de minuscules cercles quasi sur place. Au loin, un promeneur nous scrute avec inquiétude. Quelle est donc cette bande de trois cinglés en train de tourner sur eux-même par -5C° en pleine nuit? Une secte. Des échappés d’un asile? Rien de bon, c’est certain. A ce titre, alors que les 3 minutes s’achèvent déjà et que nous devons, en piteux état, repartir sur notre ligne, le vieil homme voit alors débouler à toutes blindes les trois fous ! Il s’arrête pour nous regarder fondre sur lui, se calant sur le côté du chemin. Nous le dépassons évidemment, et allons recommencer notre manège de cercles concentriques de l’autre côté. L’homme reste un instant immobile, interdit. Dans notre groupe, plus un seul mot. La souffrance s’accroche à chaque flocon, mais au fond, tout au fond, nous rions de nous-mêmes, de cette situation ubuesque, de cet homme, de cette ligne qui ne ressemble à rien, de ces exercices qui n’ont aucun sens si ce n’est le nôtre. Il faut déjà repartir et l’homme voit à nouveau passer les dératés. Il reprend sa marche lente et finit par nous dépasser en nous lorgnant à la dérobée, sans un mot, de risque d’attiser nos éventuelles folies meurtrières. Pour nous, il reste 3 fois 200 mètres à faire. C’est là que Julien commence à vouloir en découdre avec Ludovic. Evidemment, eux ne tiennent absolument pas le plan de 3H30, mais ils s’amusent et quant à moi, je suis tel un métronome, sur mes 47 secondes. Avant de faire notre dernière ligne, Julien nous demande « et après? On fait un tour de lac?« … »On va voir » lui répond on de concert Ludovic et moi. La course à pied aide à vivre dans le présent, nous savons qu’il peut se passer beaucoup de choses en 47 secondes aussi évitons nous les promesses hâtives et les prompts engagements.

Nous partons sur nos derniers 200 en lâchant aussi les dernières forces, moi je ferme les yeux, de toutes façons, je ne vois rien depuis le début, et c’est une ligne droite, je me dis que tout ceci est aussi improbable que drôle, finalement. A l’arrivée, les gorges sentent le goût du sang, les mains hurlent, les peaux se déchirent un peu mais Julien n’ayant pas eu sa réponse quant à sa proposition, nous nous jetons un oeil, et puis presque en une seconde, sans réel accord prononcé, nous repartons. Tour de lac, il y aura. Trempés, transis de froid, sautant dans les flaques vicieuses cachées sous la neige, nous avons rajouté un bon quart d’heure à cette séance apocalyptique. Les filles de joie dans les voitures qui attendent leurs clients regardent passer les 3 silhouettes, qui ne viennent pas pour elles assurément. Ce soir là, nous avons du faire le sujet de bonnes histoires le lendemain : » les filles, vous avez vu les trois dingues qui couraient dans la tempête hier?!« .

Sur le chemin du retour, il est déjà presque 22H bien passés, la ville est encore plus silencieuse, la neige plus dense, nous sommes littéralement seuls, nous pouvons traverser au vert comme bon nous semble, zigzaguer dans le boulevard, tourner sur le rond point, nous étendre sur le sol, hurler, il n’y a plus d’être humain, on eut dit une ville en carton, des décors de cinéma. Nous sommes recouverts d’une fine couche de glace, nos visages sont figés et nous avons du mal à parler, ce qui ne nous empêche pas de deviser sur le mauvais calibrage de ma montre, sur le marathon qui approche, sur la prochaine bouffe la semaine d’après, qu’on va se faire pour nous donner du courage. Il règne dans l’air un parfum de transgression. Nous n’aurions pas du être là, la Nature a tenu tous les hommes en respect chez eux et nous sommes allés la taquiner, mais fort étrangement, devant tant d’obstination, nous avons bien du lui inspirer du respect car sur le chemin du retour, étrangement, pour un court instant, la neige a cessé, nous avons eu moins froid, et nous avons pu contempler ce spectacle incroyable,écouter ce silence parfait troublé par le simple bruit de nos pas qui s’enfoncent dans la neige, à la lumière orange des lampadaires, dans cette ambiance entre surréaliste et onirique.

La compagnie s’est finalement séparée là,  devant le Mac Donald presque vide, bien contente d’elle, au fond, comme cela se lisait sur les sourires congelés, comme des gosses qui ont fait un mauvais tour mais seraient enclins à recommencer immédiatement s’ils le pouvaient. La semaine prochaine, le trio espère néanmoins retrouver une piste traditionnelle. En attendant, Ludovic et moi, comme voisins, continuons nos sorties le soir, à la nuit tombée, quand tout le monde rentre hâtivement se calfeutrer au chaud, vers 19H, nous partons vers les bois gris noirs, ou la piste orange et ses lumières criardes.

« Je me demande ce que toutes ces sorties feront le jour du marathon » me dit Ludovic hier soir, à 12kms.h sur une sortie qui devait  quant à elle, être à 10. Je n’ai rien répondu sur le moment, mes pensées étaient restées derrière. A tête reposée, je crois que toutes ces sorties ne feront rien de plus le jour du marathon que tous les autres jours qui suivront. Ces sorties ne sont rien d’autres que des instants, des moments, du présent qui deviendront vite des souvenirs. Des souvenirs, le fuel du coeur le jour J, et à jamais.

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Vol de nuit

Avant Propos Hors Sujet

Tout d’abord, un peu d’auto-promotion et gonflage intempestif de chevilles. Je suis publiée pour la première fois dans le très sérieux et non moins très sympa magasine Zatopek. Si vous ne le trouvez pas en kiosques, notamment en province, il est toujours possible de le commander en ligne. J’y signe un modeste sujet de deux pages, relatif aux causes charitables soutenues par les coureurs à pied. Pour les prochains numéros, je participerai également mais je vous laisserai la surprise de découvrir les sujets retenus…Tout ce que je peux vous dire dès à présent, c’est que ce sera vraiment très chouette !-Et vous voilà bien avancés, assurément 😉

Par ailleurs, je profite de cet avant propos pour redire que dimanche prochain, je cours le semi marathon de Rueil-Malmaison, la ville de mon enfance, en famille et sans objectif si ce n’est de courir 21 kilomètres, et ce grâce à l’invitation gracieuse de l’organisation, par le biais de la très aidante Runnosphère ! Merci à tous  pour cette joyeuse opportunité. J’y retrouverai entre autres le grand patron survitaminé de la Runnosphère, l’ami Grégory.

Enfin, j’ai récemment fait l’acquisition d’une paire d’Adizero Adios de première génération, sur ce site de déstockage bien fourni. Les chaussures sont arrivées sans encombre, dans leur boite d’origine, sous 48H, en parfait état et j’ai donc pu le soir même aller les essayer dans le bois de Vincennes. Une réelle sensation de légèreté, une fluidité impressionnante, vraiment l’impression d’aller plus vite: ce qui n’a pas été démenti par ma montre Garmin comme celle-ci m’a révélé que j’avais, de fait, pu courir à plus de 11kms/heure pendant une heure. Vous me direz qu’il ne s’agit pas là d’une performance inouïe, même pour une toute petite souris, mais je dois confesser honteusement que depuis ma reprise en janvier dernier, je me suis mal entrainée, courant en moyenne 120 kilomètres par mois, à un rythme très doux. Et qu’en outre, je suis partie 3 semaines en Inde, ce qui n’est pas l’endroit le plus opportun pour faire des fractionnés…Si bien que 11kms/heure, c’est déjà bien, au regard des ressources actuelles, CQFD.

Et sur ces tergiversations décousues, venons en donc au fait.

Vol de nuit

Hier soir, je suis allée courir à 22H. En traversant la ville déserte pour rejoindre les allées du bois de Vincennes, je ne m’attendais à trouver personne. Il me faut tout de go préciser ,afin de vous rassurer, que je ne cours pas exactement dans le bois à la nuit tombée. Les faits divers rabâchés inlassablement dans les médias ont eu raison de mon enthousiasme originel et la crainte, après quelques bonnes frayeurs en outre expérimentées personnellement, a finalement pris le pas sur ma foulée: je me contente désormais de courir en bordure de bois, sur les voies cyclables qui longent aussi la route éclairée.

Bien que je ne rentre donc plus dans la forêt, l’odeur des arbres déborde sur les allées adjacentes. La journée passée semble comme transpirer sur le macadam chaud et le vent léger agacer malicieusement les feuilles. J’ai coupé la musique convenue de mon iPod pour écouter cette surprenante et discrète mélodie. Et puis, alors que je ne m’attendais à croiser aucune âme, j’ai vu des silhouettes arpenter furtivement les bois en trottinant, et d’autres  me dépasser sur les chemins de goudron. Moi-même, j’en ai dépassé quelques unes. D’abord étonnée, j’ai fini par quitter le vide et la torpeur qui m’habitent souvent lorsque je cours- un de mes rares moments de lâcher prise face au réel– pour me demander ce qui poussait ces gens hors de chez eux, si tardivement pour venir courir. Il y a celle qui sort son chien pour sa dernière promenade, pour celle-ci, la motivation est assez évidente. Mais que penser de cet homme entre deux âges, visiblement peu entrainé, qui traîne la patte sur le chemin et souffre dans l’obscurité? A quoi pense celui d’une trentaine d’années, le physique avenant, qu’on imagine courtier en finances et plus volontiers à un « after work » en costume couteux qu’en short élimé en train de réaliser des accélérations poussives? Et que dire de cette femme la mine fatiguée mais néanmoins souriante, qui murmure une chanson dont elle semble connaitre par cœur les paroles alors qu’elle court d’un rythme régulier, insouciante comme si nous étions un dimanche matin d’été?Et quid de ce couple silencieux qui me dépasse d’un frôlement rapide de tissu? Et ce jeune homme qui hésite entre courir et consulter son téléphone visiblement plein de messages très importants?

Il fait un peu froid maintenant, l’humidité est rapidement tombée, les voitures se font plus rares sur la route, le silence recouvre chaque chose et c’est comme si toutes ces personnes s’étaient alors entendues pour faire corps avec ce moment suspendu, comme si chacun n’était qu’un passant discret, le plus inaperçu possible, comme pour ne rien déranger, ne rien troubler, ne plus rien abimer. D’ailleurs personne ne se salue et loin d’en ressentir une quelconque amertume, une sorte d’accord tacite invite en réalité chacun au silence. Certains adresseront un regard entendu teinté d’un vague sourire, d’autres préfèreront rester dans leurs pensées. A cette heure là, pour les coureurs de la nuit, les conventions sociales n’existent plus, ou du moins la liberté prend-elle alors le pas. Au fond, pour sortir à cette heure, sans doute faut-il une bonne raison. Une raison qui se suffit assez à elle même pour ne pas souhaiter penser à davantage.

Je songe à ce que l’on laisse derrière soi lorsque l’on court, ce à quoi on tente d’échapper imperceptiblement. Je pense à ceux qui ont eu une simple mauvaise journée. Je pense à ceux qui sont plus sérieusement dans une mauvaise passe. Je pense à ceux qui, plus profondément encore, ont besoin de cette échappée là. Certains se seront peut-être brouillés avec leur conjoint, d’autres n’auront peut-être plus de conjoint, d’autres penseront à leur travail ou celui qu’ils attendent, et puis d’autres encore n’auront finalement pas trouvé le sommeil. A chaque individu son histoire, mais sans doute chacun partagera alors un but commun, bien que unique et particulier, un but hors de lui, que seule l’action pourra porter. Alors je repense étrangement à Vol de nuit et ces hommes qui livrent le courrier quoi qu’il arrive. Je repense à la solitude, si magistralement décrite par ce livre. Et j’accélère un peu ma course, sur les chemins de poussières qui me ramènent finalement chez moi, laissant à leur solitude volontaire les silhouettes à jamais inconnues et refermant ainsi le livre de mes propres errances.

Jusqu’à ma prochaine sortie de nuit.

 

 

 

 

Who let the mouse out?

Voila deux mois. Deux mois que je n’ai rien trouvé à raconter tant les séances en salle se ressemblent toutes.  Les semaines passent, silencieusement mais promptement. Le décor figé ne laisse que peu de prise aux surprises et découvertes qui font la beauté des sorties en extérieur, les tergiversations tournent en boucles à l’image morne du tapis roulant. Mais finalement 2012 est arrivé avec pour moi, enfin, la possibilité de reprendre les entrainements et les sorties en extérieur.

Ma douleur à la cuisse demeure néanmoins. Certes petite, parfois totalement infime, d’autres fois plus palpable. Elle est sans règle, sans logique et sans explication. Je me suis alors faite à l’idée que je devrai, à l’avenir, faire route avec elle. Et je suis donc retournée dans la forêt armée de ma petite douleur et de mon enthousiasme.

A ma grande surprise, je n’ai pas perdu grand chose de mon modeste niveau. Je peux courir une heure à 11kms/h et faire des fractionnés où j’enchaine les kilomètres tantôt à 12, tantôt à 10. J’ai aussi bouclé une sortie longue de 22 bornes en deux heures. De retour dans la forêt, je retrouve le plaisir de la liberté. Mais en revanche, beaucoup moins celui de la solitude: diantre, qu’est ce qu’il y a comme monde dehors le dimanche matin ! A n’en pas douter, la course à pied devient un sport « tendance ». Je croise des coureurs de tous les niveaux, de tous les âges, en couples, solitaires ou entre amis, équipés ou en slip, il y a précisément de tout. Le bois bourdonne de discussions animées et résonne des nombreux pas. Égoïstement, je regrette vaguement cet engouement soudain, tant l’an dernier, à la même époque, elle était vide ma forêt. Mais enfin c’est ainsi, il convient de savoir partager, semble-t-il, y compris la liberté…

Du coup, comme la course à pied s’avère en vogue, les publications sur le sujet fleurissent. Pour ma part, j’ai collaboré au dernier numéro du magazine Zatopek qui devrait prochainement sortir en France. Mon article évoque le fait de courir pour une cause et propose une petite mise en lumière de mon association, The Brooke. Quant aux prochains numéros du journal, je ne vous en dis pas davantage pour ménager mon petit effet, mais j’ai dors et déjà une petite rubrique de prévue et un merveilleux portrait à vous proposer cet été. J’ai grand hâte !

Enfin, je profite de ce billet pour remercier chaleureusement Greg, le CEO de la Runnosphère. Grâce à lui et son engagement, mon Shah et moi avons pu bénéficier de dossards pour le semi marathon de Rueil-Malmaison. Ayant vécu de 0 à 10 ans à Rueil, cette course me tient tout spécialement à cœur. Pas tant que j’espère y faire une incroyable performance, mais il s’agit pour moi d’un petit pèlerinage, d’autant plus sympathique que ma famille viendra nous encourager. Mon grand père, né en 1929, quittera exceptionnellement son douillet fauteuil pour voir ses petites filles cavaler. J’évoque un pluriel comme j’entraine ma jeune cousine dans l’aventure. Ce sera donc une course familiale et conviviale pour revenir tout doucement dans la course, au sens propre et figuré.

Enfin, je réfléchis très sérieusement à l’opportunité de m’inscrire dans un club. Mon maigre niveau n’intéressera sans doute pas une équipe, mais pour moi ce serait sans doute l’occasion de glaner conseils et encouragements.

La suite au prochain numéro.

Ligne droite

Me voici sur la dernière ligne droite. Plus de 2000 kilomètres et presque une année m’auront permis d’arriver au bout du voyage. Dans 10 jours, heure pour heure,  je serai sur la ligne de départ du marathon de Berlin. Toi, lecteur silencieux, j’espère que tu penseras à moi.

Mais à part cela, quoi de neuf depuis mon dernier billet ? Eh bien ! Lundi dernier, le Coach Shah et moi sommes revenus d’un périple de 15 jours aux USA. Nous sommes allés voir Boulder et ses passionnés de course à pied et vélo, le Colorado donc, mais aussi l’Utah avec ses parcs nationaux grandioses. L’Arizona également et son désert silencieux (où nous avons crevé un pneu et mis de ce fait une certaine animation auprès des serpents et des coyotes ahuris!) et le Nevada enfin (où nous avons perdu aux machines à sous!). Loin de Las Vegas, néanmoins, où nous ne serons restés qu’une nuit, nous avons chauffé le bitume avec nos baskets mais aussi nos roues comme nous avons parcouru plus de 5000 kilomètres d’est en ouest. Durant ces jours de près de 14H ( sic!), très gourmands en termes de ressources physiques, nous avons marché jusqu’à 30 bornes tous les jours, monté et descendu tous les canyons que nous trouvions sur la route et aussi, un peu couru-la chaleur et l’altitude auront rendu les séances très laborieuses, mais je l’espère néanmoins payantes. De retour à Paris, nous avons maigri et si nous avons peu couru, nous sommes néanmoins en forme.

J’ai testé les Mizuno Wave Rider 14 vert métallisé ( oui la précision me semblait importante quant à la couleur…) et j’hésite finalement à faire le marathon avec elles. Plus légères, dotées d’un meilleur rendement que mes Asics Gel Nimbus 12-rose fuchsia-, j’avoue être séduite. Agrémentées d’une petite semelle pronation de fatigue, elles me semblent très pertinentes. Et puis, elles ont vu le Grand Canyon. Berlin ne devraient donc pas les effrayer plus que cela. Il me reste quelques jours pour me décider. Le short a été trouvé dans un outlet de Las Vegas et j’ai enfin dégoté ma ceinture à gels à Boulder. J’ai nettoyé ma minuscule souris en peluche, prénommée Kannabis comme originaire d’Amsterdam. Elle m’accompagne sur mes voyages comme elle aime à voir du pays et du coup, elle vient aussi à Berlin. Cesse de te moquer: on appelle cela un grigri ! Et puis, avouons qu’elle est photogénique 😉

Au delà de cela, plus sérieusement, je crois que je suis inquiète. D’abord, je fais de l’asthme, chose qui ne m’était pas arrivé depuis très longtemps. Le tube de Ventoline git donc sur ma table de chevet. Et puis, j’ai de l’urticaire. Partout, tout le temps, cycliquement et sans explication. Au début, j’ai mis ça sur le compte de la chaleur et des efforts aux USA. Mais de retour à Montreuil, force est de constater qu’il y a peut-être aussi le facteur stress. Je peine à m’endormir et j’ai mal dans la poitrine. Bref, je crois que je suis inquiète.

En même temps, gageons qu’on le serait à moins: un premier marathon, c’est un sacré rendez-vous. D’autant que je me suis entrainée, si bien que je n’ai pas d’excuse. Finalement, c’est un peu comme à l’école. Il y a toujours ceux qui ne révisaient rien, s’en glorifiaient avec ostentation, et qui du coup pouvaient ensuite se retrancher derrière cette réalité pour justifier un éventuel échec. Le bon élève, lui, n’a jamais aucune excuse. L’échec renvoie directement à ses limites. C’est le prix à payer pour réussir: mettre toutes les chances de son côté et assumer de n’en avoir pas tiré le meilleur si cela doit être ainsi.

D’ici là, je me suis plongée dans un livre que je recommande à tous les gens qui me lisent: « An honorable Run » de Matt McCue ou l’histoire d’un vieil homme, coach dans l’Amérique profonde, qui changea la vie d’un jeune homme qui voulait simplement courir et aller vite. Je ne vous en dis pas davantage, c’est plein de bons sentiments et de sagesse. Et ça parle évidemment de course à pied.

Me reste à présent à vous quitter. Je tâcherai de faire un dernier billet succinct  mercredi pour vous saluer avant mon départ pour Berlin, une fois le sac bouclé. D’ici là, une petite citation du livre, pour la route: « Whether you think you can or you think you can’t, you’re right ». So? Yes I can!…Maybe ?

Au terme du voyage.

Il reste un tout petit peu plus d’un mois. Dans un mois, cela fera presque un an que j’ai chaussé mes premières baskets et enfilé mon premier short. Dans un mois, nous verrons si le travail paye. Si l’acharnement a du sens. Le mois dernier, j’ai parcouru 250 kilomètres, ce qui est beaucoup pour une souris avec de petites pattes. J’ai réussi à faire plusieurs fois mon exercice maudit qui consiste à réaliser dix 800 mètres de suite à 12km/h avec à peine 4 minutes de récupération entre chaque. Et j’ai refait des séances longues à 25 kilomètres. Et comme tous les débutants du monde, je me suis aussi un peu blessée, à courir à 11kms/h pendant 20 bornes, exaltée et enthousiaste. Aujourd’hui, j’ai vraisemblablement une petite pubalgie, une insidieuse douleur qui lance en haut des abdominaux depuis deux ou trois séances. Aussi, pour la première fois depuis de long mois, en ce dimanche matin, je ne suis pas dans la forêt. Je vais calmer le jeu pendant une petite semaine, puis nous reprendrons tranquillement, sans forcer en fonction des signaux du corps. Un léger doute m’envahit, j’espère ne pas garder cette douleur. En réalité, plein de minuscules doutes viennent frapper à la porte de mon crâne dur. Serais-je en forme ce jour là? N’aurais-je mal nul part? Comment réussirais-je à ne pas succomber à mes sempiternelles douleurs de ventre sur sorties longues? Réussirais-je à gratter un gobelet au ravitaillement? Ma montre fonctionnera-t-elle bien? Comment cela sera-t-il après les 30 bornes, au delà de ce que je connais? Réussirais-je à maintenir une allure moyenne de 10,6km/h sur 42 kilomètres? Réussirais-je à me frayer un chemin dans la foule? Que ressentirais-je si je réussis ou si j’échoue?

Bien sûr, je pense que mon ressenti est habituel, connu et étudié depuis longtemps. 39999 autres personnes doivent déjà y penser alors que j’écris, plus ou moins intensément, certes, en fonction de leur expérience. Mais y penser, malgré tout. Il faut dire pour ma part que lors de mes dernières séances, avant même cette douleur, je me suis sentie moins en forme et j’ai pris peur. Brusquement, soudainement. Je me suis demandée si je serai de taille le jour J, si je n’avais pas présagé de mes forces.Je me suis sentie fragile et j’ai vacillé.

Au terme du voyage, même si l’on dit que le chemin importe plus que l’objectif, n’en reste pas moins qu’on lorgne tout de même furieusement sur ce dernier. Mine de rien, histoire de, car même s’il n’est qu’un prétexte, n’empêche que.  On viendra pour lui.

Au terme du voyage, le doute sera  alors le dernier obstacle majeur. Un autre fantôme qu’il faudra combattre âprement mais vraisemblablement aussi, amener sur la ligne de départ. Avec d’autres fantômes, ça fait aussi partie du jeu.  Mais au terme du voyage, je saurai alors qui d’eux ou moi rattrape l’autre.

 

 

Persévérance

Un petit moment de silence.  En écho à mes sorties tout aussi silencieuses, dans la forêt- ma spectatrice discrète.

Persévérer. Insister. Persister. S’entêter.  Aux heures grises du matin et aux heures humides du soir, malgré le vent dehors ou le vague à l’âme, les douleurs du corps, les doutes et les faiblesses, je m’arrache du sol à pas comptés. Quelques instants en suspension, quelques fractions de secondes de liberté avant de retrouver le sol, dur, poussiéreux et lourd. Parfois, je rêve que j’ai des foulées de dix mètres de haut. Juste pour m’arracher plus longtemps à la pesanteur du réel. Et faute de mieux, j’accélère. Je me souviens du chemin parcouru, déjà. Plus intéressant encore, je me souviens du temps où je n’aimais pas courir seule. Aujourd’hui, je contourne les chemins fréquentés, j’aime mieux entendre le bruit de mes pas que les conversations des autres coureurs. N’allez pas croire que je suis devenue suffisante, simplement, en cette occasion, je me suffis. Le silence mérite parfois davantage de concentration que les paroles. J’ai remarqué cela depuis que je chemine seule.

La semaine dernière, non pas hier, mais le dimanche d’avant,  j’ai fait 30kilomètres en moins de 3 heures. 2H59 très exactement. Ne riez pas. Chaque seconde compte. C’est long 3 heures avec soi-même. Il faut avoir des choses à se raconter ou juste beaucoup de patience.

Depuis le début du mois, j’ai couru 145 kilomètres. Ne riez pas, chaque mètre compte. Déjà plus de 1168 kilomètres depuis octobre dernier, où je me suis lancée dans ce projet un peu fou de courir 42 kilomètres, alors que je n’en avais pas fait autant dans toute ma vie auparavant. Aujourd’hui, mine de rien, le temps a passé.

Quand on est rendus plus loin du départ que de l’arrivée, on ne change pas son cheval au milieu du gué.

Ce n’est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes œuvres disait Samuel Johnson. Dans un peu plus de deux mois maintenant, je saurai s’il disait vrai.

Eloge du mensonge…Ou de comment j’ai déchiré le test de VMA !

Hier, mon coach Shah avait décidé, en conciliabule avec lui-même, que l’heure avait sonné de me faire faire un test de VMA.*Pensez ici à une musique qui fait peur*Oh la vache, les choses sérieuses. « Tu es sûr? C’est pas un peu tôt? » osais-je. Pour toute réponse, je devais me contenter d’un « non  » , immédiatement suivi d’un long silence pesant. Presque immédiatement, j’ai senti mes viscères se contracter.  Les grosses « miquettes » de l’espace.

Alors c’est parti pour le crash test ? Sur la moto qui nous emmène au stade, je me décompose littéralement dans le dedans. Et si je faisais même pas 12 ? Et si j’avais un souffle au cœur? Et si le stade était inondé?…Bon soit, calmons-nous, tout va très bien se passer. Je vais sauter dans un buisson, me cacher, enfin c’est sûr, je vais gérer. Nous arrivons donc comme des fleurs au stade Pershing et nous commençons nos 4 tours d’échauffement. Le Shah m’explique ce faisant, qu’il existe deux tests qu’on peut faire. Le premier est pour les gens comme moi, qui font le 10kms en plus de 50 minutes.  Les « débutants ». ( Je n’aime pas trop cette appellation, mais bon, je ne suis pas trop en mesure de la ramener en cet instant précis). Il s’agit de parcourir la plus grande distance en 3 minutes. A s’en vider le sac, qu’il n’y reste plus rien du tout. Et l’autre test? Bah pareil, mais c’est 4 minutes. Ah d’accord. Bah non alors. Si je peux gratter une minute, c’est toujours ça. J’y ai bien droit, je cours 10kms en 56 minutes, je suis donc dans le groupe 1 ! ( Musique de rébellion dans mon cœur). Le Shah m’explique que l’idéal parfait, ce serait que je fasse deux tours de stade, soit 800m, que ce serait vraiment au top. Comme je comprends que dalle, je dis juste « ah d’accord » . Là, il me dit qu’il va courir avec moi.  C’est fichu pour mon plan de planque dans le buisson…Du coup, méga facile, j’ai juste à le suivre. Bah tu penses…Juste. Il me dit qu’il va se caler entre 13 et 14 s’il me sent à l’aise et voila. Bah oui, « voila ».  J’ai juste à me concentrer sur une chose: tenir, ne pas le lâcher QUOI QU’IL ARRIVE, précise-t-il. Là, j’ai vraiment les jetons. On termine nos tours de chauffe, on fait quelques accélérations pour que je monte un peu le cardio et on cale la montre. « 3 minutes la souris, c’est tout à fait facile, et après si tu veux, tu t’écroules par terre » , ironise-t-il. Bon d’accord. Je me gonfle le poil, lisse les moustaches. Et c’est parti !

Purée. C’est parti vite, non? « Non, non » me dit mon Shah. « On est bien là, mais accélère pas, gardes-en sous la pédale, c’est super » . Les 200 premiers mètres passés, je me dis que ça fait très mal, mais que ça doit être dans ma tête car je m’affole. Sur la piste, des mecs nous laissent la place, je me concentre sur les deux tours que je dois faire, dans l’idéal. Après 400m, ça commence vraiment à être l’enfer. Ça racle dans la gorge. Le Shah me dit qu’on est super, entre 13 et 13,5, que je n’ai qu’à rester tranquille, que ça va aller. J’ai la tête qui tourne un peu, ça oscille entre douleur de chien et grand bonheur, comme si j’avais des petits papillons dans le crâne qui me font des câlins. Bon, seulement à 600m, quelqu’un a du balancer de l’insecticide car tous les papillons se sont barrés et là, j’ai commencé à vraiment croire en l’existence de Dieu. Limite le gout du sang dans la gorge, et j’ai commencé à pousser des petits couinements de souris agonisantes. Ce qui m’a valu de me faire rabrouer. « Allez ! Tu lâches pas ! ». Je vois les 800m arriver, je me dis que ça va bientôt s’arrêter, comme c’est long 3 minutes…Allez, 100 mètres, juste 100 mètres !

Seulement…les 100 mètres passés, on passe aussi les 800mètres, mes deux tours pour lesquels j’ai tout donné et on s’arrête toujours pas ! Je trouve la force de beugler: « T’avais dit deux touuuuuuuurs !!! » . Il me répond en se marrant  « bah oué, mais c’est pas de ma faute, tu vas plus vite. Allez, courage, c’est super, c’est presque terminé » . C’est ça, ça fait une éternité qu’il me semble dire ça. Je me dis que c’est vraiment un exercice de merde et que je ferais pas ça tous les jours. Les mecs du club d’athlétisme, qui s’entrainent aussi, me regardent passer en me souriant. Ils ont pitié, je le sens. Tu m’étonnes ! Enfin le Shah donne le décompte. « 20 secondes la souris! » . Environs 3 heures après, il a dit  » 15 secondes » . Là, j’ai commencé à me demander s’il y avait pas arnaque. Mais j’avais tellement envie de vomir que j’ai cessé de réfléchir. « 10 secondes » . J’ai accéléré, dis-donc! « 5 secondes » . « Stop » ! T’inquiète, pas la peine de le crier, je vais pas me le faire redire.

Je m’arrête donc. Avec grâce. Ou pas. Et je m’accroupis. Ou plutôt, je me laisse choir. Je lève les yeux vers mon Shah qui rigole. Je flaire un coup fourré de sa part. « Quoi? »  lui dis-je, en revoyant devant mes yeux le fil de ma vie. « Bah c’est bien, tu as fait 993m en 4 minutes » …Ah d’accord. Je sais pas si c’est bien, mais ce que je sais, c’est que je me suis faite pigeonner d’une minute. Et il ajoute  » bah tu es partie à presque 15, alors je me suis dit, bon bah faisons-la ralentir un peu, mais ne cassons pas cette bonne dynamique » . Ah d’accord. Donc en gros, je pensais courir 3 minutes à 13 et j’ai couru 4 minutes entre 14 et 15. Parfait, le confiance dans le mariage, tout ça, tout ça.

Allez,  avouons-le, je suis quand même pleine de reconnaissance envers mon Shah facétieux, car sans ses encouragements et son mensonge, je ne sais pas si je serais allée au bout de ce bordel. Il a vérifié avec calculs savants à l’appui et cela donne une VMA de 14.895. Mais moi j’ai décidé d’arrondir à 15.  Rapport à la minute de plus que je me suis faite refourguer.

Il parait que le mois prochain, on refera le test.  Il me reste donc un mois pour étudier très sérieusement cette histoire de fourrés…