Au terme du voyage.

Il reste un tout petit peu plus d’un mois. Dans un mois, cela fera presque un an que j’ai chaussé mes premières baskets et enfilé mon premier short. Dans un mois, nous verrons si le travail paye. Si l’acharnement a du sens. Le mois dernier, j’ai parcouru 250 kilomètres, ce qui est beaucoup pour une souris avec de petites pattes. J’ai réussi à faire plusieurs fois mon exercice maudit qui consiste à réaliser dix 800 mètres de suite à 12km/h avec à peine 4 minutes de récupération entre chaque. Et j’ai refait des séances longues à 25 kilomètres. Et comme tous les débutants du monde, je me suis aussi un peu blessée, à courir à 11kms/h pendant 20 bornes, exaltée et enthousiaste. Aujourd’hui, j’ai vraisemblablement une petite pubalgie, une insidieuse douleur qui lance en haut des abdominaux depuis deux ou trois séances. Aussi, pour la première fois depuis de long mois, en ce dimanche matin, je ne suis pas dans la forêt. Je vais calmer le jeu pendant une petite semaine, puis nous reprendrons tranquillement, sans forcer en fonction des signaux du corps. Un léger doute m’envahit, j’espère ne pas garder cette douleur. En réalité, plein de minuscules doutes viennent frapper à la porte de mon crâne dur. Serais-je en forme ce jour là? N’aurais-je mal nul part? Comment réussirais-je à ne pas succomber à mes sempiternelles douleurs de ventre sur sorties longues? Réussirais-je à gratter un gobelet au ravitaillement? Ma montre fonctionnera-t-elle bien? Comment cela sera-t-il après les 30 bornes, au delà de ce que je connais? Réussirais-je à maintenir une allure moyenne de 10,6km/h sur 42 kilomètres? Réussirais-je à me frayer un chemin dans la foule? Que ressentirais-je si je réussis ou si j’échoue?

Bien sûr, je pense que mon ressenti est habituel, connu et étudié depuis longtemps. 39999 autres personnes doivent déjà y penser alors que j’écris, plus ou moins intensément, certes, en fonction de leur expérience. Mais y penser, malgré tout. Il faut dire pour ma part que lors de mes dernières séances, avant même cette douleur, je me suis sentie moins en forme et j’ai pris peur. Brusquement, soudainement. Je me suis demandée si je serai de taille le jour J, si je n’avais pas présagé de mes forces.Je me suis sentie fragile et j’ai vacillé.

Au terme du voyage, même si l’on dit que le chemin importe plus que l’objectif, n’en reste pas moins qu’on lorgne tout de même furieusement sur ce dernier. Mine de rien, histoire de, car même s’il n’est qu’un prétexte, n’empêche que.  On viendra pour lui.

Au terme du voyage, le doute sera  alors le dernier obstacle majeur. Un autre fantôme qu’il faudra combattre âprement mais vraisemblablement aussi, amener sur la ligne de départ. Avec d’autres fantômes, ça fait aussi partie du jeu.  Mais au terme du voyage, je saurai alors qui d’eux ou moi rattrape l’autre.

 

 

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7 réflexions sur “Au terme du voyage.

  1. Je pense que tous ces doutes, toutes ces craintes et toutes ces questions sont normales et font partie du chemin qui mènent au départ de cette magnifique épreuve. Je n’ai encore jamais couru de 42km, mon 1er est prévu pour novembre, mais je sais que les mêmes questionnements, les mêmes inquiétudes viendront alimenter mon plan d’entraînement et tenter de me déstabiliser 🙂
    Il n’en reste pas moins que tu es prête. Tu as l’entraînement nécessaire et un très bon mental. Et tu as ton ton coach privé qui saura, j’en suis certaine, trouver les mots justes pour te rassurer et te permettre de vivre pleinement cette 1ère très belle expérience !!
    La souris a de petites jambes, mais la souris avance et elle saura, nul doute là-dessus, trouver le chemin de la victoire, sa victoire !!

  2. Les doutes font partie de l’aventure, mais ils vont s’envoler ! Quant à courir dans la foule, j’en avais de grandes craintes avant ma première « Parisienne » à 22000 personnes, mais je pense que le marathon de Berlin est très bien organisé!

  3. Au vue de tes sorties d’entraînements, il n’y a aucun doute que physiquement tu es prête.
    Après tout le reste, c’est ce qui fera de cette histoire, Ton histoire avec tout plein de pratiques à garder et tout plein d’autres à changer.
    L’échéance est proche maintenant, c’est normal que tu sois fatiguée, proche de la rupture. C’est que tu viens de suivre le gros de ton entraînement quand même. Maintenant, il est temps de lever doucement le pied pour être au top le jour J.

  4. est-ce qu’il n’y aurait pas un peu de peur cachée dans ce billet ?

    Ce serait normal, et un bon signal pour bien finir cette bonne préparation qui te mènera tranquillement jusqu’à Berlin, et 42km plus loin 😉
    La plus dur est fait !
    Il faut juste suivre le plan, se reposer, écouter son coach 😉

  5. Merci à vous pour vos petits mots, ça fait chaud au cœur de vous voir réagir 🙂 C’est vrai qu’il y a de la peur. Actuellement, ma plus grande crainte serait de me blesser. Ma douleur de la semaine dernière m’a inquiété. Ce coup de poignard incessant, lancinant, qui part quelques secondes quand je contracte les abdos, puis revient, pendant 1H30 en dessous des côtes, sur deux séances de suite, ça m’a fait peur. Du coup, depuis jeudi dernier, je n’ai pas couru. Je vais tenter demain de retourner au stade faire des fractionnés de 400m à la cool. Puis vacances, donc on verra. En tous les cas, j’ai hâte d’y être. Je ne ferai plus de séance longue, c’est fini. Presque un mois avant l’échéance, c’est bon. Par contre, je ne peux pas non plus ne plus m’entrainer, donc ça doit passer cette saloperie…’fin bon, il n’y a pas de raison. J’espère avoir cessé à temps ! La suite au prochain numéro 😛

  6. Je pense à un moment donné, il faut douter. Douter est humain, c’est ce qui permet d’analyser la situation et de prendre les bonnes résolutions. Et tu sembles prête, puisque que tu es toujours là. Sinon, la solution aurait été d’abandonner. Alors certes, 42km c’est long, c’est énorme, mais c’est cela aussi le défi, qui nous pousse à courir ces km mythiques qui ne sont appréciables qu’avec le goût de la sueur.
    Maintenant, il y a plus qu’à avaler les km… Bon courage à vous deux!

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